17-02-2025

Nous avons pris l’option de proposer une série de thèmes proches les uns des autres. Ils ont, chacun, la particularité d’affecter notre tranquillité intérieure : après les « susceptibilités » et avant « l’équation » et les « humiliations », nous allons réfléchir à nos « frustrations ».

Comment caractériser les frustrations ?

Cet affect suppose que des envies, des désirs ou des aspirations soient contrariés, voire « empêchés ».

Face à ce type d’émotion négative, habituellement durable, récurrente voire permanente, une première piste est d’en distinguer l’origine : le besoin, l’envie, l’aspiration contrariés viennent-ils de nous ou de notre environnement ?

Petite illustration : le besoin de cesser de boire vient-il de nous, de notre entourage ou d’une décision de justice ?

Autre cas de figure : l’addiction a-t-elle répondu à une frustration et, dans ce cas, laquelle ?

Les animaux sont animés par des besoins naturels : la faim, la reproduction, la protection. Qu’en est-il de nous ? Nous avons des envies qui répondent à des besoins, des désirs correspondent à une énergie libidinale plus ou moins « civilisée », des aspirations liées aux influences culturelles que nous avons faites nôtres.

Aucun animal ne bénéficie des effets des conditionnements sociétaux partagés par les humains : publicité mais également suggestions générées par les médias, influenceurs, groupes d’appartenance, réseaux sociaux… Seul le rat, avec l’électrode implantée dans son circuit de récompense peut devenir addict au point d’en mourir.

Plusieurs critères interviennent pour nous « empêcher » : la faisabilité, les conséquences prévisibles à court et moyen terme, les effets espérés sur notre vie…

L’impossibilité incite à l’acceptation, au détachement. Elle génère aussi la frustration et, possiblement, un phénomène de compensation.

Nous sommes, comme pour tout, inégaux face à la frustration. Si l’on prend en compte les personnalités, telles qu’elles avaient été systématisées par des auteurs comme Le Senne et Berger, un trait de personnalité favorable peut être « l’avidité » qui correspond aux envieux, ceux qui regardent dans l’assiette des autres pourtant moins garnie que la leur, et un autre, la « passivité », toujours dans le registre de l’envie, qui consiste à se plaindre plutôt qu’à se donner les moyens de ses satisfactions.

La faisabilité mobilise aussi bien notre énergie et nos ressources, si l’objectif nous semble légitime, ce qui pose à la fois la question des moyens et de notre éthique. Si ceux-là et celle-ci nous font abandonner le projet, la frustration peut également prendre forme et force. D’autres stratégies ou d’autres choix sont alors à faire vivre, pour garder l’espoir et éviter le renoncement. !

Note modernité tardive génère une multitude de frustrations liées, pour une bonne part, au fait de ne plus pouvoir bénéficier de relations vraies, directes, source d’explications et de résolution des problèmes, de rencontrer de l’empathie et de la compréhension. L’intelligence artificielle se révèle une arme redoutable pour nous priver de dialogues utiles, par le pouvoir qu’elle donne à la bureaucratie. Les mœurs actuelles favorisent aussi bien, la méfiance, la transgression et les passages à l’acte que la frustration.

 

 

De quelles frustrations souffrez-vous ?

Quelles réponses avez-vous trouvé ?